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Les différents éléments d'une
Batterie Standard
La Grosse Caisse : Jouée avec la Pédale par le pied droit, la Grosse
Caisse joue un rôle prépondérant dans la construction des rythmes en
combinaison avec la Caisse Claire.
La Caisse Claire : Jouée avec des Baguettes sur la peau de frappe, le son
"tambour" est obtenu grâce au Timbre (plusieurs fils de métal
parallèles) plaqués contre la peau de dessous (dites peau de
résonance).
Les Cymbales "Charleston": Elles peuvent être jouées soit au
pied gauche avec la Pédale Charleston en accompagnement du rythme, soit
avec des Baguettes en combinaison avec la Caisse Claire et la Grosse
Caisse (la pédale servant alors à moduler la résonance des
Cymbales).
La Cymbale "Ride" : Jouée avec la main droite, elle sert
principalement à jouer les rythmes en combinaison avec la Grosse Caisse
et la Caisse Claire.
La Cymbale "Crash" : Elle est jouée pour ponctuer les
différentes parties d'un morceau musical souvent en même temps que la
Grosse Caisse (ou la Caisse Claire). On utilise souvent plusieurs
"Crash" en combinaison avec d'autre Cymbales à effets (ex :
Cymbales Chinoises, petites Cymbales "Splash", etc...)
Les Toms Alto et Médium : Fixés sur la Grosse Caisse à l'aide d'une
Attache, ils sont utilisés (en combinaison avec le Tom Basse et les
autres éléments) comme apport mélodique aux différents rythmes et à
l' intérieur de figures rythmiques qui annonce la fin d'une partie à
l'intérieur d' un morceau de musique.
Le Tom Basse : Posé sur trois pieds, c'est le son le plus grave de tous
les Toms. On le joue souvent à la suite des autres Toms (lors d'une
"descente de Toms").
La Petite Histoire de la Batterie
Préambule
La Batterie a vu le jour au début du siècle. Les principaux éléments
qui la composent (Grosse Caisse, Caisse Claire, Cymbales,...) existaient
déjà au sein des orchestres classiques et des fanfares militaires.
L'apparition de la Batterie est directement liée à la naissance du Jazz,
ainsi qu'aux différentes évolutions technologiques du début du siècle.
"La batterie de jazz est l'héritière d'un passé ancestral où
peau, bois et métal revêtent une perspective symbolique en rapport avec
toutes les religions du monde. Elle porte aussi le poids des souffrances
d'un peuple - le peuple noir - martyrisé pendant des générations et des
générations. Alors que ses composantes sont, à sa naissance, d'origine
étrangère - la grosse caisse et la caisse claire proviennent d'Europe,
les cymbales de Turquie et de Chine, les toms de Chine, d'Afrique et des
indiens d'Amérique - son assemblage même est un phénomène typiquement
américain. Le regroupement de ses instruments en un seul a été le fait
de musiciens-tambours inconnus - les premiers batteurs - qui jouaient dans
les bars, les fêtes foraines, les cirques, les salles de danse et les
théâtres, au cours des années 1890."
Georges Paczinsky - "Une Histoire de la Batterie Jazz" page 52 (Editions
Outre Mesure)
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1900 - 1910
Aux Etats-Unis, à cette époque, les orchestres jouent avec 3
percussionnistes (un pour la Caisse Claire, l'autre à la Grosse Caisse et
le dernier aux différents effets tels que Cymbales, Wood-Blocks,...) ou
seulement 2 dans les fanfares
L'invention du Pied de Caisse Claire et surtout de la Pédale de Grosse
Caisse (commercialisé en 1910 par Ludwig, succès immédiat) permet
d'assembler les différents éléments. L'avènement du Rag Time et le
besoin de musiques de danses dans les cafés, sur les "riverboats"
et ailleurs, contribuent au succès de cet assemblage. Un seul batteur
peut faire le boulot de 3.
La Batterie est née mais ne ressemble pas encore aux modèles
d'aujourd'hui. Les Peaux sont animales, la Grosse Caisse est très haute
avec pleins de petits accessoires dessus (Cloches, Wood-Blocks, petite
Cymbale suspendue,...), il y a un seul Tom pré-accordé appelé "Chinese
Tom Tom" avec 2 peaux directement "punaisées" sur le fût.
A cette époque, le rôle du batteur est de fournir un soutien rythmique
pour "fanfares jazzifiées". Le style musical est très voisin
de celui des marches militaires, le batteur utilisant les rudiments du
tambour classique mais avec un phrasé différent, directement inspiré
des orchestres de parades (léger swing, roulements "écrasés"
moins rigides, syncopes et accents ailleurs que sur le 1er temps).
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Les années 20 et après
Durant cette période, les constructeurs de matériel se développent et
proposent des améliorations technologiques dont les premiers Toms
accordables (qui n'ont aucun succès au début), une table d'accessoires
qui se fixe sur la Grosse Caisse, les premiers Balais (au départ pour
jouer moins fort dans les endroits fermés) et surtout l'ancêtre de la
Pédale Charleston actuelle (qu'on appelle "Low Boy" ou "Sock
Cymbal").
En ce temps là, la musique de Jazz est faite pour danser. Le batteur est
cantonné dans la rôle de gardien du tempo et marque tous les temps à la
Grosse Caisse (qui souvent remplaçe la basse). A noter qu'on n'utilise
toujours pas de Cymbales "Ride" pour jouer le rythme.
A la fin des anneés 20, le seul moyen pour un batteur d'attirer
l'attention est de profiter soit de l'introduction d'un morceau, soit du
point d'orgue final pour placer un roulement époustouflant. Heureusement,
ces années voient l'émergence des premiers batteurs virtuoses comme Baby
Dodds (il est le premier à jouer des solos de batterie, photo ci-contre)
puis Zutty Singleton (un spécialiste de l'utilisation des couleurs).
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Des années 30 aux années 50
Les années 30 voient une augmentation de la "demande de
musique" (de danse principalement). Les clubs se multiplient
entrainant la prolifération d'orchestres dont beaucoup de "big bands".
Face aux besoins des batteurs, les fabricants améliorent la qualité du
matériel tout en affinant certaines inventions des années 20.
La Pédale Charleston devient véritablement opérationnelle, ce qui
change la sonorité de l'instrument et surtout la manière d'accompagner
la musique. De même, l'apparition des Pieds de Cymbales (dont certains
montés sur la Grosse Caisse) annonçent l'avènement de la Cymbale Ride.
Petit à petit, parallèlement au succès des big bands "Swing"
et à l'apparition du jazz "Be Bop", le rythme d'accompagnement
se transpose de la Grosse Caisse vers les Cymbales, permettant ainsi au
batteur d'exprimer sa créativité sur les autres éléments de son
instrument.
Les Toms avec peaux accordables s'imposent définitivement et les Toms
Basses sur pieds (inventés par le constructeur Slingerland) font une
apparition remarquée. Certains sont munis d'une pédale pour modifier la
tension de la peau.
Le succès de certains morceaux comme "Sing Sing Sing"
(orchestre de Benny Goodman - 1937) avec Gene Krupa (photo) aux baguettes
contribuent à faire évoluer l'image du batteur qui devient un des
membres solistes de l'orchestre à part entière. Par la même occasion,
le set de Gene Krupa devient une sorte de standard. Les fabricants
commencent à proposer des batteries complètes qui ressemblent vraiment
à ce qu'on trouve aujourd'hui (instaurant des normes pour le diamètre
des fûts encore en vigueur de nos jours).
Plusieurs batteurs marquent cette période. Sydney Catlet est l'un des
premiers à amorcer un début de transition vers la batterie moderne en
alliant swing, technique et solos spectaculaires (c'était un jongleur
hors pair!). Vient ensuite "Papa" Jo Jones qui
"démilitarise" la batterie au profit d'un jeu plus mélodique
avec interaction avec le soliste. On dit même qu'il est le premier à
jouer le "chabada" au Charleston et à utiliser la Cymbale
Ride... Difficile d'évoquer la période Be Bop sans mentionner Kenny
Clarke. En supprimant les 4 temps joués à la Grosse Caisse et en
introduisant la syncope, son style contribue à faire évoluer le Jazz, de
la musique de danse à la musique de concert. Il est également un grand
virtuose des Balais.
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Les années 50 et 60
L'invention majeure de cette période est l'invention des Peaux de
batterie synthétiques (commercialisées pour la première fois en 57 par
Remo), soulageant ainsi toute une génération de batteurs du dur labeur
de l'accordage des peaux animales. Le fabricant Rogers propose en 59 le
premier système d'attache de Toms vraiment articulé (fixé sur la Grosse
Caisse).
L'apparition du Rock'n'roll associée au développement des médias
(disques, TV...) et du "show business" propulsent les
instrumentistes sur le devant de la scène. Le succès de groupes tels que
les Beatles (avec Ringo Star) popularisent encore plus l'instrument
auprès des jeunes générations. Les fabricants en profitent pour
proposer toute une gamme de produits (de la batterie pour débutant aux
modèles haut de gamme) Le jeu de plus en plus puissant des batteurs
"rock" contribue à l'amélioration de la fiabilité et
solidité du matériel.
Pour faire face à la demande de musiques enregistrées, une nouvelle
catégorie de batteurs prolifèrent : Le batteur de studio. Les années 60
voient l'apparition des premières stars de la batterie rock dont Keith
Moon (des Who) et surtout John Bonham de (Led Zeppelin).
Même si on peut encore écouter l'influence de la batterie jazz dans les
premiers groupes de rock (par exemple la musique d'Elvis à ses débuts),
progressivement chaque style de musique (rock, rythm'n'blues, jazz,...)
engendre une spécialisation du jeu des batteurs. Bien qu'étant de moins
en moins médiatisé, le jazz révèle une nouvelle catégorie de
musiciens qui repoussent les limites de l'instrument. A noter Buddy Rich
("showman" extraordinaire, peut-être le plus grand technicien
de la batterie), Elvin Jones (dont le jeu puissant est un accompagnement
interactif en forme de solo perpétuel), Tony Williams (virtuose au son
imposant, son style et sa musique vont faire la jonction entre les années
60 et 70).
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Des années 70 à nos jours
Le développement du côté spectaculaire de certains groupes a pour
conséquence d'augmenter le nombre de Cymbales et de Toms sur
l'instrument. La double attache pour Toms sur la Grosse Caisse devient un
standard de fait. Les autres systèmes d'attache et les pieds de Cymbales
sont de plus en plus solides et massifs. A partir des années 80, les
fabricants proposent différentes profondeurs de fûts. A noter
l'invention du système Rims (qui permet de fixer les différents Toms
sans faire de trous dans les fûts) et des Racks (qui supportent tout le
système d'attaches).
Les années 70 voient l'émergence des fabricants japonais (Pearl, Tama,
Yamaha,...) qui vont devenir des acteurs majeurs du marché, bousculant
les marques américaines traditionnelles (Gretsch, Ludwig, Rogers,...) et
les quelques européens qui s'accrochent (Sonor, Capelle,...).
L'invention majeure de cette période est l'apparition des premiers Toms
Synthétiseurs (dont le fameux Synare en 78), préfigurant l'émergence
des batteries électroniques, boites à rythmes, sons numérisés et
autres rythmes "samplés" dans le monde de la batterie
actuelle.
De nombreux musiciens marquent le début de cette période, le style
"Jazz Rock Fusion" révélant une nouvelle race de batteurs
virtuoses annonçant les Vinnie Colaiuta, Dave Weckl et Dennis Chambers
d'aujourd'hui. A noter Jack Dejohnette (musicien à part, improvisateur au
jeu indépendant et sans contrainte), Billy Cobham (technicien hors pair
au jeu imposant), Steve Gadd (dont le phrasé et le son unique mélangent
les styles de la batterie jazz, studio et rythm'n'blues).
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Quelques grands noms de l'histoire de la batterie qui auraient du être
cités dans l'article: Chick Web, Max Roach, Philly Jo Jones, Art Blakey,
Roy Haynes, Bernard Purdie, Harvey Mason, David Garibaldi, Steward
Copeland,...
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